Luang Prabang - 27 Octobre

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Bruxelles-Abu Dhabi-Bangkok-Luang Prabang… nous voilà enfin au Laos après près de 24 heures de voyage, sans encombre! Du haut du coucou à hélices qui nous amène de Bangkok, on aperçoit la ville, lovée dans un bras du Mékong, et on s’étonne déjà de son apparente propreté! Grandes rues dégagées, terre-plein soignés, peu de trafic… Cette impression se confirmera rapidement: passage de douane assez rapide, visa compris, et en moins de temps qu’il ne faut pour le dire nous traversons le ‘comité d’accueil’ très restreint pour se retrouver tout penauds sans même un taximan pour nous harceler! On nous indique finalement le service de taxis, parfaitement organisé (50K kips - 10000 kips = 10K kip = €1).

Nous avions réservé le Lao Lu Lodge via Agoda (le Booking.com asiatique), excellente guesthouse dans une maison de style colonial, personnel adorable, calme, parfait pour se remettre de notre voyage! Un peu cher ($30 avec pdj) mais très confortable; et puis on réalisera vite que Luang Prabang est plus chère que le reste du pays, et très touristique. Sur les conseils d’autres voyageurs, nous terminerons notre séjour au Thida Guesthouse ($15 sans pdj) un peu moins charmant mais tout aussi confortable dans une grande maison en bois, rapport qualité/prix imbattable, parfait!

Nous passons cinq jours tranquilles et sereins dans cette ville calme, certes touristique, mais où tout se passe sans encombre, le temps semble glisser, s’écouler paisiblement, sans bruit, sans cris, sans heurts. Peu de trafic, pas de klaxons tonitruants, peu de mobylettes pétaradantes… Quel contraste avec nos souvenirs de Hanoi ou Yangon!

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La ville s’étend le long du Mékong, partiellement ceinte également par un de ses affluents. Le long de l’eau, de jolis restaurants (pour touristes!) au design épuré, boisé, et souvent très soigné, se prolongent en terrasses surplombant le fleuve. La rue centrale, parallèle, offre également un large choix de restaurants reproduisant le style colonial, parfois dans des maison d’époque, qui se partagent la rue avec des échoppes locales et d’autres plus touristiques. Le soir, un marché de nuit vient encore animer la rue, et de nombreuses échoppes de snacks de rue proposent grillades, soupes, et nouilles pour se restaurer plus ‘local’ à moindre prix (15K kip la soupe-repas!). Tout celà rend la ville extrêmement agréable à parcourir: on se balade de longues heures dans les temples et monastères où les moines vaquent à leurs occupations, on se promène dans les ruelles en admirant l’artisanat local, on sirote un jus de fruit ou un café Lao, réputé, en épiant la vie sur le Mékong…

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Malgré le calme général de la ville, on sent depuis notre arrivée une légère excitation qui s’amplifie de jour en jour, à mesure que la lune grossit! Habitants et moines sont affairés à coller, agrafer, suspendre, des bougies, des lanternes, des étoiles en papier coloré. Les temples s’emplissent de jour en jour de ces apparats lumineux, il semble que chaque famille construise son bâteau coloré, en papier et carton, prêt à s’illuminer des dizaines de bougies et lampes à huile artisanales qu’ils y accrochent…

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L’apogée de cette excitation grandissante a eu lieu hier soir, jour de pleine lune, lors d’une grande fête qui a vu une vingtaine de grands bâteaux, portés par une bonne dizaine d’hommes chacun, traverser la ville lors d’un cortège bruyant, pétaradant, illuminé, et coloré. Les bâteaux ont été déposés côte à côte dans le temple principal, avant d’être mis à l’eau un par un et remis aux courants du Mékong avec des centaines de bougies flottantes que les fidèles lâchaient sur le fleuve afin d’expier leurs pêchers (si on a bien compris!). Grande fête populaire plus que religieuse donc, animée, colorée, et surtout magnifiquement illuminée des milliers de bougies qui brûlaient au sol, sur l’eau, et dans les cieux!

La ville est parsemée de monastères où vivent des moines de tous âges, et surtout des jeunes en fait, reflet de la pyramide des âges très décentrée et du fait également que beaucoup de jeunes hommes passent quelques mois de leur vie à l’initiation à la vie monastique. Chaque matin, à l’aube (vers six heures), ils sillonnent la ville selon un chemin bien précis, en file ordonnée, munis de leur bol à aumône, afin de recevoir des fidèles leur nourriture de la journée. Ne pouvant rien posséder, ils s’en remettent aux habitants de la ville pour recevoir du riz (principalement) et d’autres aliments; ces dernier font acte de foi en réalisant ces offrandes.
Pour nous touristes, le spectacle de ces moines drapés de jaune et d’orange, avançant en file silencieuse dans les vapeurs de l’aube, est évidemment un moment très particulier, très beau, photogénique et inhabituel… mais laisse néanmoins perplexe quand on se rend compte que le nombre de touristes, appareil au poing, surpasse celui des moines en procession… et que malgré le respect d’une majorité d’entre nous pour le caractère sacré de cet évènement il est fort probable que l’équilibre très précaire de cette manifestation ne finisse par jouer en la défaveur de ses principaux protagonistes! Malgré ces considérations éthiques, il est très difficile de résister à l’attrait de ce spectacle, il faut bien l’avouer!

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Les environs de la ville offrent pas mal de buts d’excursions, et de nombreuses agence proposent évidemment de vous emmener, contre quelques dollars, visiter une grotte pleine de statues de boudhas (Pak Ou), l’un ou l’autre village d’artisans, ou les chutes vertigineuses de Tad Khuang Si . Nous optons pour ces dernières, mais en mode ‘Il est libre Max’: nous louons une vespa (japonaise, automatique, 150K kips/24h) et profiterons des 30km qui nous séparent des waterfalls pour nous immerger dans la campagne environnante, paisible, observer la vie des villages, les paysans aux champs, les enfants quittant l’école en chahutant sur leurs vélos,… Les routes sont bonnes, les conducteurs extrêmement courtois et prudents (et peu nombreux!): un vrai plaisir que de sillonner la campagne les cheveux au vent (hum, bon, avec un casque quand même!)…
Les chutes s’avèrent magnifiques, en plus d’être très bien aménagées pour la visite! L’eau s’écrase d’une trentaine de mètres de haut dans un beau bassin turquoise, surplombé d’un pont en bois d'où on peut à loisir sentir la puissance de la masse qui dévale la falaise, avant de s’écouler plus paisiblement dans une série de petits bassins, d’un magnifique bleu-émeraude, propices à la baignade. Les abords sont aménagés de terrasses et tables en bois pour lézarder au soleil ou déjeuner. Touristique, certes, mais encore une fois l’endroit est baigné de calme et de sérénité, très agréable! Parce qu’on est des aventuriers, nous (!), on suivra un sentier très escarpé pendant une vingtaine de minutes pour parvenir au sommet de la chute et la traverser les pieds dans l’eau (le long d’une barrière rudimentaire quand même!). Impressionnant de voir l’eau s’échapper sous nos pieds en une chute vertigineuse et bruyante!
Baignade puis retour sous la lumière rase et dorée de fin de journée: la campagne est magnifique, le voyage enivrant!

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Après trois jours à Luang Prabang, il était temps de passer aux choses sérieuses: cours de cuisine!
Au Tamnak Lao ($30, 10h-17h), resto chic et réputé du coin. Dix heures du mat’, nous voilà une petite dizaine de touristes déambulant avec notre Chef du jour pour une visite instructive et rythmée du marché Phosy. Peu de surprise, on commence à connaitre les raretés des marchés du sud-est asiatique, mais on découvrira quelques particularités laotienne: la peau de buffle est coupée en lamelle et vendue fraîche ou séchée, les algues du Mékong sont saupoudrées de sésame et destinées à être frites, la tête de - de quoi d’abord? - sans la peau laisse voir l’anatomie sanguinolente de l’animal, les oeufs de Cent Ans (lisez: ‘pourris’) sont teintés de rose, d’autres sont proposés en brochettes, etc… Instructif!

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Le cabas plein nous regagnons la cuisine spécialement aménagée à côté du restaurant et regardons le Chef nous préparer une dizaine de plats dont nous choisirons une sélection que nous réaliserons par binome. Sympas, celà nous permet de goûter à une large palette de spécialités, de repartir avec un livre de recettes bien garni, et de s’essayer à celles qui nous plaisent le plus! C’est sûr, il va y avoir des recettes laotiennes sur Cook’n’Roll!

Pour mon plus grand bonheur, l’élément majeur de la gastronomie laotienne est… le riz gluant! Je ne suis pas dingue de riz, mais le riz gluant par contre… Trempé quatre heures au moins, il est cuit une trentaine de minutes à la vapeur dans un panier tressé, et présenté (tiède) dans un ravissant petit panier cylindrique à couvercle. Il convient d’en prélever une petite quantité, de le rouler en boulette entre ses doigts, de le tremper dans la sauce d’accompagnement et de le déguster sans couverts, donc!
D’autres spécialités que nous avons appris à réaliser sont la salade Laap de poulet (ou poisson, porc, boeuf), froide et terriblement parfumée d’herbes; un plat aux aubergines sautées qui a mis tout le monde d’accord en dont je vous reparlerai!; un condiment à l’ail frit et piments indispensable; une salade de papaye verte ou ‘chokko’ pimentée, citronnée et parfumée d’herbes; une soupe au lait de coco et curry rouge d’influence clairement Thaï, etc… Les grillades sont une autre spécialité laotienne, et la cuisse de poulet (fermier!) laquée et grillée à la flamme sur le bord de la route nous a simplement retourné les papilles! On trouve aussi à tous les coins de rue des ‘noodle soups’: soupe-repas très similaires au Pho vietnamien, constituées d’un bouillon parfumé aux épices et os, garni de nouilles de riz, légumes verts et viandes (ne me demandez pas quels morceaux, il y longtemps que j’ai éludé cette question!), dans lequel on rajoutera, selon le goût, des herbes fraiches, du citron, pâte de crevette ou saumure de poisson, piments… un régal qui forme notre repas du soir un jour sur deux!

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Nous avons complété notre découverte gastronomique par un petit passage de l’autre côté de la rive chez Dyen Sabai. Un restaurant tenu par une Canadienne qui a créé une magnifique terrasse en cascade, au milieu d’une forêts de bambous surplombant le Mékong, où chaque table basse est une alcôve bordée de coussins où il fait bon se vautrer, flâner, surfer (eh oui, signe des temps, wifi et alimentation sont à portée de main!), bouquiner en sirotant un jus de fruits frais… On a beau voyager (de moins en moins) ‘routard’, on craque inéluctablement pour ce genre d’endroit confortable, raffiné, calme! Nous y avons dégusté des assiettes assorties de spécialités locales: crème d’aubergines, porc séché, peau de buffle en sauce (la peau est épaisse, découpée en bâtonnets, goût prononcé et animal, bien balancé par une sauce enrobante pimentée), salade de haricots ‘long beans’ à peine cuits, … frais et délicieux!

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Et comme on n’aime pas faire les choses à moitié et qu’on avait aimé le Dyen Sabai, notre dernier jour à Luang Prabang on l’a passé dans l’autre établissement des propriétaires du resto: la Pistoche, à 30 minutes de marche du centre, est une piscine entourée de tout le confort dont je vous parlais plus haut… journée hautement relaxante donc!

Vous l’aurez compris, Luang Prabang a tout d’une ville moderne dans un écrin de village asiatique! Le wi-fi est partout, les vélos sont parfois électriques, personne n’est étonné de nous voir entamer un jogging à l’aube, pas plus que les enfants ne s’étonnent de voir déambuler ces géants à la peau laiteuse (ou rougie, c’est selon) et aux cheveux clairs! Peu de mendicité, pas de prostitution apparente… nous sommes bien conscients que cette ville est une exception dans un pays où le PIB mensuel par habitant n’approche pas les $40… Nous la quittons demain pour gagner Pakse, à l’extrême sud, par avion (Lao Airlines - $169); nous y reviendrons par ‘sauts de puce’ en bus et bâteau dans deux semaines au plus tard!

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Les 4000 îles - 2 Novembre

En route pour Pakse le 2 novembre avec Lao Airlines; vol nickel dans un avion tout neuf (signe des temps encore une fois: le sigle ‘no smoking’ au dessus de nos sièges remplacé par un ‘no electronic gadgets’!!). Erreur d’aiguillage à l’arrivée: le taxi que nous partageons avec deux Allemands (100K kips, 30 min.) nous amènera à la bus station Sud alors que les bus pour Champasak partent de la gare “du Marché”… qu’à celà ne tienne, nous changeons nos plans et prenons le premier bus local pour la ville de Muang Khong sur la plus grande des 4000 îles: Don Khong (50K kips, 3h).

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Calme et tranquillité sur cette île du Mékong. Très peu d’animation, mais des paysages de rizières magnifiques où s’affairent des paysans en pleine période de récoltes du riz. Nous logerons trois nuits au très chic hôtel Senesothxeum mais dans la partie attenante plus abordable (150K kips, pdj); un endroit très agréable et décoré avec goût par Philippe , un Franco-Lao-Vietnamien d’une grande gentillesse et plein de bons conseils et d’infos sur l’histoire de cette région!

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Balade à vélo au travers de l’île (20km - le parcours ici), visite du marché très matinal (pour moi), jogging tout aussi matinal (pour Sarah!), coucher de soleil sur le Mékong, rizières dorées, pêcheurs en pirogue déployant leur filet d’un geste ample et précis sur l’eau du fleuve, buffles d’eau immergés dans les mares des rizières, aumône des (quelques) moines aux lueurs de l’aubes, enfants souriants; d’autres jouant à la ‘petang’ avec leurs sandales dans la cour du monastère…. une atmosphère paisible, calme, lente et bienveillante se dégage de chaque scène de vie de cette île paisible. Malgré l’arrivée assez récente de l’électricité et des moyens de communication modernes (oui, il y a du wifi!), la vie ici se déroule au rythme lent de l’écoulement des eaux du fleuve qui bordent l’île.

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Nous hésitons à gagner les iles les plus au sud du pays (Don Det, Don Khon) et décidons finalement de les visiter sur la journée en compagnie d’un couple Américano-Japonais, emmenés par notre guide, malheureusement peu locace! (150K kips pp). Départ matinal pour deux heures de pirogue entre les ‘iles’ (en fait des ilots, minuscules pour certains,  de terre et de végétation) du Mékong, à observer la vie s’organiser le long des berges: maisons sur pilotis, bain matinal dans les eaux du fleuve, lessive, pêche au filet, transport de marchandises en pirogues,… Halte aux chutes de Tad Li Phi (25K kips pp) d’abord, à celles de Tad Khon Pha Pheng (30K kips pp) plus tard: deux lieux où l’on peut admirer la force du fleuve dont les eaux se déversent avec bruit et fracas du haut des rochers, rendant le passage de toute embarcation impossible! Sympas, mais on n’est pas plus emballés que ça! L’île de Don Khon par contre s’avère très agréable; nous la parcourons à vélo, traversons le village touristique animé et qui laisse entrevoir des soirées très arrosées. Une noix de coco bien fraîche est la bienvenue pour nous désaltérer après deux bonnes heures à pédaler sous le soleil! Nous laissons nos amis partir à la recherche des dauphins de l’Irrawady (qu’ils auront la chance d’apercevoir!), et regagnons le village pour manger un morceau.

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Du point de vue gastronomique par contre, la région est un peu aride! On se régale encore de khao niauw (riz gluant), salades de papaye verte, divers riz sautés et soupes parfumées,… mais on va finir par se lasser! C’est vrai qu’on n’a pas été assez téméraires pour goûter aux brochettes de petites grenouilles (entières), ni à ces brochettes de sauterelles embrochées vivantes au marché…

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Champasak - 5 Novembre

Trajet confortable de Don Khong à Champasak (50K kips, 2h) en bus local de bon matin, et avec l’agréable compagnie d’une Laotienne francophone trop heureuse de pouvoir pratiquer son Français et nous expliquer en Français et en détails la genèse du monde par la rencontre du Lingham posté sur le haut de la montagne bordant Champasak avec le ciel… et moult autre détails mystiques et religieux qui nous ont un peu échappé!

On s’installe à l’Anouxsa, sympathique guesthouse au bord du Mékong avec terrasses et resto surplombant le fleuve et… à deux pas du Champasak Spa, un havre de paix et de sérénité où nous passerons une bonne heure entre les mains expertes de nos masseuses… un grand moment de bonheur!

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Agréable aussi la longue route (10km) qui nous mènera au temple pré-Angkorien de Vat Phou; la route plate et tranquille traverse de nombreux village où les habitants s’affairent aux moissons, à la fabrique de feuilles de riz, de nouilles, et autres travaux mécaniques. Si l’aller en plein cagnard sur des vélos qui nous font voir la route, pourtant plate, en continuelle “montée-vent-de-face”, le retour dans la lumière de fin de journée et en compagnie de centaines d’enfants rentrant de l’école à pied et à vélo, sera vraiment agréable et hors du temps…

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Le temple de Vat Phou n’est en rien comparable à celui de son successeur cambodgien, mais ses ruines bordant une succession d’escalier grimpant vers le sommet de la vénérée montagne au Lingam est charmante bien qu’épuisante. Des frangipaniers ponctuent les volées de marches, répandant leurs fleurs odorantes, les marchand(e)s du temples proposent compositions florales colorées, encens, et autres bracelets porte-bonheur. Et puis une bande de joyeux bonzes thaïlandais en pèlerinage aiguaient encore le lieu de leurs robes safran et de leurs rires d’enfants. Il s’amuseront autant que nous à se prendre mutuellement en photo et à poser devant les ruines! Sarah se verra même offrir et bénir un bracelet de corde (rose!) par un moine reconnaissant… en espérant que ses vœux se réalisent lorsque la cordelette cèdera!

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Plateau des Boloven - 6 Novembre

Enchainement parfait de bus local (20K kips, 1h) puis Songthaw (20K kips, 45min) entre Champasak et les cascades de Tad Fane, sur la route de Pakson dans les hauteurs du plateau des Boloven (1300 mètres).
Et l’occasion d’observer une scène de vie peu banale dans le songthaw (camion bâché à banquettes) qui nous emmène: le véhicule est bondé de femme revenant du grand marché de Pakse avec des marchandise et fruits qu’elles pèlent, coupent, assaisonnent et emballent en portions individuelles, serrées sur ces banquettes peu confortables… Elles mettront donc à profit ce trajet d’une heure pour préparer la vente au détail de leurs marchandises! Au passage, on se régale de papaye verte trempée dans un mélange de sel et piments, j’adore!

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Le plateau des Boloven est réputé pour ses cascades, et surtout son climat favorable à la culture du café (Arabica et Robusta principalement), initiée par les Français à l’époque coloniale.
Le
Tad Fane Resort est un ensemble de bungalows ($30-37) de bois faisant face aux magnifique chutes, et pourvus d’agréables terrasse où il fait bon admirer et écouter la nature dans laquelle le resort est noyé.

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Hélas, la matinée ensoleillée a vite fait place à une fine pluie qui s’est muée en drache tropicale la majeure partie de l’après-midi… impossible de bouger, notre escapade téméraire jusqu’au petit marché de café qui jouxte l’endroit s’est soldée par une attente interminable sous les toits de tôle, en compagnie d’un couple de motards marseillais, et un retour précipité vers notre bungalow à la première éclaircie! La magnifique vue sur la cascade est, faut-il le préciser, réduite à trois mètres de visibilité! Dodo tôt et lever sous un soleil radieux pour entamer une balade sur le plateau en compagnie d’un guide. Nous traversons les exploitations de caféiers, apprenons à reconnaitre les plants d’arabica des robusta, goutons les fruits murs (agréable au goût, le robusta étant nettement plus fruité) et découvrons que le caféiers produit une petite fleur au longs pétales blancs dont le parfum délicat est vraiment sublime!

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Plus haut sur le plateau nous traversons de superbes paysages jonchés de “limestones” (pierres calcaires), de mousses, et de pins, et de petite fleurs blanches qui nous rappellent un peu la Provence! Magnifique!
Sarah découvrira également… une sangsue qui a discrètement investit sa chaussure pour se gaver du sang de son gros orteil! Rien de bien grave mais l’anti-coagulant injecté par la bestiole laisse une plaie longue à cicatriser.

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L’après-midi est aussi pluvieux que la veille. En attendant une accalmie, nous rencontrons Koffie, un Hollandais installé depuis des lustres dans la région et puits de connaissance sur le breuvage qu’il prépare dans les règles de l’art. Sans rire, j’ai dégusté là un café exceptionnel, issu d’une plantation avoisinante et fraîchement torréfié au wok: épais, fruité, long en bouche, woaaaaw! Evidemment, on a fait provision de grains; à voir s’ils seront aussi exceptionnel de retour sous nos latitudes!
Revigorés par ce breuvage, nous squattons le tuk-tuk d’autres touristes pour redescendre se mettre au sec à Pakse.

Pour très peu de temps, la ville ne nous inspire pas des masses et nous réservons un bus couchettes pour le soir même, direction Vientiane!
Pour passer le temps, apéro et dîner avec vue panoramique sur la ville au
Pakse Hotel, où on nous sert une cuisine Lao ‘créative’ mais manquant un peu de relief et de cohérence. La vue du coucher de soleil sur la ville est très sympas, néanmoins!

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Le bus VIP pour Vientiane est surprenant! Des couchettes pour deux personnes sont disposée sur les deux étages de cet immense véhicule. Nous avons fait un bon choix, la déco et le confort ont l’air meilleurs que dans les six autres véhicule qui nous entourent! Murs et plafonds en skaï rouge donnent une ambiance particulière à l’endroit, et si le linge de lit n’est pas vraiment nickel, l’ensemble a un petit (petit!) coté ‘Orient Express” charmant! Nuit peu confortable néanmoins, et panne technique à quelques centaines de kilomètres de l’arrivée, boite de vitesse capricieuse puis carrément récalcitrante: nous terminerons la route en 1ère avec trois heures de retard!

Vientiane - 8 Novembre

On avait tout entendu sur la capitale du pays: capitale endormie, ville bruyante et polluée, certains aiment, d’autres détestent. Nous étions content de retrouver un peu du confort et des facilités d’une grande ville. Notre joie fut de courte durée: effectivement la ville manque cruellement de charme, sa périphérie est moche, polluée et encombrée de trafic. Le centre touristique, ancien quartier colonial français au bord du fleuve, est effectivement sympathique avec ses bars, cafés climatisés (à la mode Starbucks), et restos cosmopolites et attrayants. Nous dégoterons un chouette petit hôtel, après quelques déconvenues (il faut savoir fuir les hôtels du Lonely, souvent surfaits et trop chers!). Balade à travers les nombreux temples et monastères sous le cagnard, repos agréable au Starbucks-like du coin pour un bon café, et découverte d’un marché authentique bien que central; je me risque à gouter une pâte de cacahuètes empaquetée avec des herbes dans une feuille de laitue: délicieux mais mon estomac me le rappellera rapidement!

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En fin de journée, nous nous offrons une balade entre touristes et locaux le long du fleuve au soleil couchant: une forme de ‘passegiata’ pratiquée par les asiatiques dans les lieux offrant un bord de mer ou de fleuve! De jeunes couples et des groupes d’amis se donnent rendez-vous pour discuter ou roucouler au soleil couchant, et grignoter les spécialités des vendeurs ambulants. Pour moi ce sera un mets dont le souvenir hantait ma mémoire gustative depuis mon voyage au Vietnam en 2005: des calamars séchés puis grillés-minute et servis avec citron vert, sel et poivre, et ici accompagnés d’une portion de salade de papaye verte. Un délicieux mélange d’arômes de poisson séché et du ‘fumé’ apporté par le barbecue ambulant, relevés par l’acidité du citron: simple et délicieux!

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Cette bonne soirée et l’excellente soupe parfumée d’herbes fraiches qui s’en suivit ne seront pas suffisant pour nous retenir plus longtemps à Vientiane: nous décidons de (quand même) faire une étape à Vang Vieng, en chemin vers notre destination finale plus au Nord.

Mais avant de quitter la ville, petit détour chez Fuji, une succursale d’une chaine de restos japonais de Thaïlande, chic, plus cher, mais fins, succulents, et d’une extraordinaire fraicheur! Orgie de maki en regardant les gestes précis et nets des cuisiniers, ça devient un must de nos voyages dans la région!

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Parenthèse culinaire

Bon mais alors, qu’est-ce qu’on mange, me demanderez vous?!!! Des nombreux pays qui entourent le Laos, c’est probablement de la Thaïlande et du Vietnam que le Laos le plus hérité son histoire gastronomique.
Commençons par le commencement: le mets les plus consommé ici, le riz comme dans la plupart des pays avoisinants, a cette particularité d’être ‘sticky’ ou ‘gluant’. Cette variété de riz est abondamment cultivée et servie à tous les repas; c’est un riz qui doit être trempé puis cuit à la vapeur. Il est servi tiède dans un petit panier d’osier, dans lequel les convives se servent, forment une boulette compacte entre leurs doigts, et trempent dans les sauces qui l’accompagnent, joignant au passage un morceau de viande ou de légumes. Ce riz se conserve mal et se réchauffe difficilement; les excédents sont moulés en galettes, mis à séché et frits, ou entrent dans la composition d’un plat sucré au lait de coco et à la mangue. Un délice!
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Les Français ont laissé en héritage leurs fameuses baguettes, que l’on retrouve sur tous les marchés et qui sont garnis de viandes (frites) et crudités pour formés de délicieux sandwich. Hélas, tout comme au Vietnam la recette héritées de nos amis Français manque cruellement de sel, et le pain est souvent fade…

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Des sauces épaisses accompagnent la plupart des plats, les Jeow, et sont composées d’ail ou échalotes frits et pilés avec divers condiments, piments, ou de la chair d’aubergine par exemple.

La peau de buffle, nettoyée et débitée en bâtonnets, entre souvent dans les composition des plats, soit comme ‘viande’ principale du plat, soit pour parfumer une sauce.
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Bien entendu, rien ne se perd dans un pays à si faible revenu, et on ne s’étonne pas de retrouver toutes sortes de protéines dans son assiette: insectes frits, larves de guêpes, petits rongeurs des forets, rats (des rizières, pas des villes!), grenouilles (entières, avec la peau croustillante), serpent, … Et bien entendu le buffle et le cochon, dont toutes les parties se retrouvent étalées sur les étals des marchés, et plus tard dans les soupes, brochettes au barbecue et plats en sauces.
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Le barbecue justement, parlons-en: un mode de cuisson très prisé par ici, on retrouve partout de petits foyers improvisés où cuisent des brochettes de porc ou de bœuf, des poissons entiers ou, mon pêcher-mignon, des cuisses de poulet ‘fermier’ marinées dans le soja sucré et parfaitement grillées et croustillantes… miaaaam!

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Le plat national Laotien, après le sticky rice, c’est le Laap, très similaire au Laab Kai thaïlandais: une salade de poulet (ou porc, bœuf, poisson) haché cuit en petites boulettes et mêlé de citronnelles, basilic, aneth, riz gluant grillé et pilé, citron vert, ail, piments: frais, léger et excellent accompagné de riz. Une variante propose des ‘glass noodles’ (fins vermicelles de soja) dans la salade.
Au rayon des salades, on a adoré la Lao Salad qui nous a nourri pendant quatre jours à Vang Vieng: une simple salade de laitue et crudités, agrémentée de viande cuite froide si on le souhaite, et surtout d’une sauce mi-mayonnaise, mi-vinaigrette sucrée réalisée à l’aide d’un jaune d’œuf dur.
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Les Vietnamiens ont importé leur Pho au Laos, une soupe-repas composée d’un bouillon parfumé, de nouilles, de viandes, et de beaucoup d’herbes et crudités (long beans, soja) que l’on reçoit généralement à part pour rajouter à la soupe selon ses préférences.
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Des légumes accompagnent souvent les plats, Laotiens, liserons d’eau sautés, aubergines (frites ou rôties au barbecue), concombres crus ou cuits, champignons sautés, etc… Une particularité de la cuisine Lao est de très peu cuire certains légumes: les haricots et les petites aubergines sont souvent ajoutés crus ou à peine blanchis aux salades et soupes, pour un apport de croquant surprenant mais bienvenu!
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Pas d’accès à la mer ici, mais un fleuve riche et ses affluant traversent une grande partie du pays, fournisseur naturel de poissons (poisson-chat et carpe principalement). Celui-ci entre dans la composition de nombreux plats, notamment le Laap, le poisson au lait de coco cuit dans une feuille de bananier, et la carpe farcie de citronnelle et autres épices et cuite sur la braise, elle aussi protégée dans une feuille de bananier.
Si je n’ai pas eu la chance de gouter au serpent, ma salade de grenouille était une expérience des plus intéressante, surtout quand je me suis rendu compte que tout l’animal (nettoyé) entrait dans la composition de ma salade, tête et pattes crochues comprises! L’animal est frit, ce qui rend sa peau délicieusement croustillante (comme celle d’un poisson écaillé, en fait), et la chair blanche est fine et proche de celle du poulet, en plus raffiné peut-être! Bon, j’avoue avoir dû passer au dessus d’un moment de dégout avant d’apprécier ce mets à sa juste valeur, surtout que le matin même j’avais assisté au marché au dépeçage de grenouilles vivantes….

Luang Prabang est réputée pour sa saucisse, de porc principalement, proposée en plusieurs variété dont une ‘aigre’ que je n’ai malheureusement pas goûté. La version aux herbes du cru, très parfumée donc, était un délice à faire pâlir le boucher de la rue des Tongres (référence Bruxello-Bruxelloise ;-) ).
 
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Deux autres spécialités issues du fleuve sont la pâte de poisson et les algues du Mékong. Les poissons sont mis en saumure pendant des semaines afin de former une pâte épaisse et très odorante qui entrera dans la composition de beaucoup de plats, remplaçant le sel et substitut à la fois au nuoc mam et à la pâte de crevette des pays voisins!
Du fleuve sont également extraites des algues qui sont pressées puis mises à sécher avec de fines tranches d’ail, du piment et du sésame. Les feuilles d’algues une fois sèches sont frites très rapidement et dégustées telles quelles en accompagnement d’un panier de riz.

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Bien entendu, les Chinois ont également amené leur lot de soupes et de riz frits; on trouve dans chaque boui-boui pléthores de fried rice, fried noodles, noodle-soups, etc dont l’intérêt réside surtout dans la façon dont le maître des cuisine les accommodera! Ca va du riz gras et insipide au délicats riz sautés aux noix de cajou et ananas par exemple!

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La cacahuète est assez présente dans les plats Lao, pour mon plus grand bonheur. Elle ajoute du croquant au salades comme le riz grillé et haché, et sert également à confectionner des pâtes parfumées (ail, citronnelle, galanga, etc) qu’on pose sur une feuille de laitue avec des nouilles de riz froides, du piment, des haricots crus; on emballe le tout dans la feuille pour former un petit paquet qu’on avale d’une bouchée (ou deux)… ça fond en bouche, c’est une explosion de fraicheur, c’est boooooon! A déguster sur les marchés, mais tôt alors pour éviter que la pâte aie trainé toute la matinée sur l’étal ;-)
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Toutes sortes de curry sont proposés. D’influence Thaïlandaise à base de pâte pimentée et de lait de coco (kaffir lime leaf, piments, galanga, coriandre, etc), ou d’autres à base du trio indispensable citronnelle-galanga-ail. Le goût fumé est très apprécié également, et on retrouve souvent des légumes (aubergines) préalablement rôtis sur la braise, ou de la peau de buffle dans les plats mijotés.
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Au rayon des boissons, le Laos brasse sa propre bière, la Beerlao dont le logo orne les tee-shirt pour touristes, délicieuse et réputée dans la région. On y produit également un alcool tord-boyau (le LaoLao), et bien entendu il est possible de se régaler de jus de fruits frais du matin au soir!
Les breuvages qui nous ont marqué, outre le délicieux café du plateau des Boloven,  et que je compte bien reproduire sont les jus d’ananas ou citron vert mixés avec de la menthe fraiche, le granité de pastèque au sirop de piment, le jus de tamarin, et le sirop de pandan (dont je n’ai pas réussi à trouver les feuilles malgré mes essais répétés sur les marchés, dans mon plus beau Laotien: ‘Baï-Thuÿ’)…
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Voilà, mais assez parlé il faut maintenant que j’aille m’exercer à reproduire tous ces délice dans ma petite cuisine bruxelloise! Attendez-vous à une déferlante de recettes Laotiennes sur la partie culinaire de mon blog (cookandroll.canalblog.com), dans les mois à venir ;-)

 

Vang Vieng - Novembre 2012

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Aaaah Vang Vieng. Dire qu’on a failli rater ça! Les plus jeunes d’entre vous en auront peut-être entendu parler, ce lieu est réputé pour les excès de fête, alcool, et autres substances hallucinogènes qui s’y consomment en grandes quantités! La ville est bordée par un affluant du Mékong, la Nam Song, que l’on peut descendre sur plusieurs kilomètres affalé dans une chambre à air de camion en faisant des arrêts répétés dans les bars et clubs de jour qui bordent les rives; l’alcool coule à flot, hachich, opium et champignons également! C’est le ‘tubing’ renommé de Vang Vieng. La musique hurle dans les bars longeant la rivière, tandis que les établissement de la ville diffusent à longueur de journée musique tonitruante ou séries (Friends, Simpson’s etc) en boucle que l’on peut consommer à loisir affalés sur des coussins bordant les tables basses en ingérant boissons et repas ‘happy’!
Ca en tout cas c’est ce qu’on nous en avait dit. Et c’est pourquoi Vang Vieng n’était absolument pas prévu sur notre itinéraire!
Mais en cours de voyage nous avons appris que, suite à de trop nombreux accidents, le gouvernement avait mis un sérieux frein à ces activités depuis cet été. Et Vang Vieng promettait en outre de superbes paysages karstiques le long de la Nam Song…

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Et de fait: le paysage environnant est absolument fabuleux! La rivière est bordée de rochers se découpant dans le ciel azur, formant un paysage qui n’est pas sans rappeler le Baie d’Halong ou la région magnifique de Ninh Binh au Vietnam.
Nous posons nos sacs au
Thavisouk, hotel sans beaucoup de charme mais disposant d’une petite piscine pour un tarif raisonnable (200K kips, pdj), et nous occupons une chambre au 4ème étage avec vue imprenable sur la rivière et les roches qui la bordent, au travers de grandes baies vitrées…

Le village de Vang Vieng est, contre toute attente, à l’image du reste du Laos: calme et lent! Peu de monde dans les deux rues qui forment le ‘centre’, beaucoup de bars, restos, agences pour backpackers et salons de massage. Quelques télés diffusent les Simpson’s en boucle, mais peu de spectateurs s’en soucient. Un restaurant sans nom, mais très prisé, nous servira le premier soir une Lao Salad à tomber, que nous dégusterons encore presque quotidiennement! Et pourtant il s’agit d’une simple salade de crudités aux cacahuètes et sauce-mayonnaise du cru (réalisée avec un jaune d’oeuf dur!), … mais quelle sauce!!! Accompagné d’un panier de riz gluant c’est un repas léger et simple dont on ne se lasse pas.

Peu après notre arrivée, nous louons un scooter (Japonaise automatique pour 75K kips la journée) et nous aventurons dans la campagne environnante en suivant une carte ‘à main levée’ très bien réalisée (hobomaps.com). La route est difficile et jonchée de cailloux, mais nous mène dans une campagne de rizières sublime, toujours bordée des roches karstiques typiques de la région. Nous traversons des villages de plus en plus bruts, pleins d’enfants, rencontrons des bonzes à vélo, des bergers menant leurs troupeaux de buffles, des jeunes armés de fusil sous-marins de fortune et de masques des années ‘70 , allant taquiner le poisson-chat et la carpe dans les cours d’eau que nous traversons sur des ponts de bois plus ou moins rassurants :-)

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La campagne est jonchée de grottes, certaines vénérées et garnies de reproductions du boudha, d’autres bordées de cours d’eau ou de petits lagons. Les locaux ne se privent pas pour les promouvoir, y installer une buvette et instaurer un petit droit d’entrée (1K kip en général). La plus impressionnante à nos yeux est le site de Poukham: la grotte se mérite, juchée à hauteur de quelques centaines de marches de fortune, et est assez agréable à visiter avec son boudha couché et ses nombreuses volutes de calcaire.
Mais l’endroit étonne surtout par les petits lagons formés sur le cours de la rivière au pieds des grottes: une eau turquoise dans laquelle il est facile de se baigner au milieu des poissons et de la flore aquatique. Une expérience rafraichissante sous ce soleil de plomb et un réel moment de douceur et de volupté à se laisser glisser dans cette eau douce et translucide. Repos et café dans une des petites huttes aménagées le long du cours d’eau… grand bonheur!

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Après cette journée active, nous avions envie de nous laisser guider et nous avons signé pour un des ‘one-day-package’ proposés par la plupart des agences de la rue principale. Le kayak en est le thème. La journée se déroule en milieu connu, entourés de touristes et backpackers, nous faisons routes jusqu’à une vingtaine de kilomètres au nord Vang Vieng, et nous posons un long moment (il y a d’autres groupes!) dans une cahutte à l’entrée d’une longue grotte. Son exploration en ‘tubing’ constitue le but de notre visite, et c’est sans beaucoup d’attentes que nous nous asseyons dans ces grosses chambres à air, équipés de lampes frontales, pour nous glisser dans la grotte en suivant la corde qui y est installée. Chouette expérience en réalité! Confortablement installés dans nos ‘tubes’, les fesses au frais dans la rivières, nous glissons lentement dans l’obscurité de la grottes, éclairant à loisir ses parois pour en observer le scintillement des stalagmites et autres dessins formés par les résidus calcaires. Le trajet aller-retour dure une grosse demi-heure et c’est vraiment impressionnant de se savoir dans l’obscurité sous la masse immense de la montagne!

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Lunch local et en route pour la seconde partie de la journée: kayak (des mers, en duo) sur une dizaine de kilomètres le long de la Nam Song. Le paysage est grandiose encore une fois, et le rythme lent du kayak nous laisse tout loisir d’admirer les roches se découper dans le ciel ainsi que la végétation et l’activité des bords de la rivière. On croise quelques ‘tubers’ sirotant une LaoBeer sur leur pneu, mais les bars dressés pour les ravitailler sont bien calmes et peu bondés, résultat probable du contrôle sévère des autorités.

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Pour profiter encore mieux de l’ambiance douce et relax du lieu et des superbes paysages, et parce qu’on n’a plus vingt ans non plus, on ira encore passer deux nuits au super-chic Vang Vieng Riverside Boutique Hotel ($130)… ‘Boutique’, voilà un terme bien à la mode et utilisé abusivement dans ces contrées; mais pas dans cet établissement réellement ‘boutique’, soigné dans les moindres détails, relativement petit, doté d’une piscine-miroir dans laquelle les paysages de Vang Vieng se reflètent magnifiquement aux heures de belles lumières, et construit dans des matériaux nobles et locaux. Superbe de raffinement, de simplicité, et de luxe… abordable!

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Retour à Luang Prabang - 14 novembre

Dernière étape de notre voyage, nous prenons un mini-van pour Luang Prabang (115K kips, 5 heures). Presque un taxi privé puisque nous serons seul pour la majorité du trajet, le chauffeur réussissant à embarquer une famille pour quelques dizaines de kilomètres, et se faire ainsi un petit complément de revenus! La route est presque exclusivement montagneuse et sinueuse… éprouvant mais le paysage vaut le détour: vallées verdoyantes, passage de magnifiques cols, et petits villages typiques et isolés: certainement la plus belle route que nous ayons traversé lors de ce voyage!

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Il ne nous reste que peu de temps pour profiter de Luang Prabang, se délecter d’un dernier massage, visiter encore les différents marchés et y faire nos emplettes de dernière minute. Nous prenons un cours de cuisine chez Tum Tum Cheng (250K kips, 6 heures), extrêmement bien rôdé et efficace: nous y avons appris une demi-douzaine de recettes originales, et quelques techniques qui nous serviront à reproduire les délices dégustés au Laos!

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Ainsi se terminent ces trois semaines au Laos. Nous avions longtemps repoussé ce voyage, lui préférant d’autres pays de la région réputés plus ‘culturels’, avec plus d’attraits touristiques, et un accès à la mer. Nous avons découvert un pays où il fait vraiment bon vivre, prendre le temps de tout, admirer les beautés de la nature, apprécier les sourires et la gentillesse d’un peuple qui, malgré un niveau de richesse assez bas pour la région sait rendre son pays accueillant, attrayant, propre et organisé. On se sent bien au Laos, une aura de bienveillance semble rayonner sur le pays à l’image du sourire qui anime le visage de nos hôtes.

Prenez votre temps, Lao-style, et allez gouter à ce pays délicieux ;-)

 

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